L’avenir des assurances vie en 2020

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Placement préféré des français loin devant le Livret A en matière d’épargne collectée, l’assurance vie est en pleine mutation. Avec le rendement des fonds euro qui dégringole et les nouveautés apportées par la loi Pacte, il nous semble important de faire un point sur son avenir en 2020.

Un rendement en baisse des fonds euro

Les épargnants les moins informés risquent d’être surpris lors de l’annoncée de la participation aux bénéfices au titre des fonds euro de leur assurance vie. En effet, si l’année boursière 2019 a été particulièrement rayonnante, il n’en est pas de même pour les fonds euro dont le rendement fond comme peau de chagrin.

Durant l’été 2019, plusieurs assureurs avaient déjà annoncé la nouvelle en déclarant prévoir servir un rendement de seulement 1% : une baisse significative. Sans surprise, ce sont les taux qui sont effectivement servis en ce début d’année par les principaux assureurs. Sauf à ce que certains assureurs créent la surprise cette année, le taux moyen servi en 2020 ne devrait pas dépasser les 1,3% bruts de prélèvements sociaux.

Cette baisse du rendement s’inscrit dans la continuité des années précédentes. En 2018, le rendement moyen du fonds euro n’atteignait plus que 1,8% : une performance à peine supérieure à l’inflation. Parce que les fonds euro sont en très grande partie constitués d’obligations, ils sont directement touchés par les taux d’intérêt très bas voire négatifs. Dans ce contexte, la performance ne semble pas prête à repartir à la hausse.

Un climat morose – mais quelques éclaircies

Au fil des années, les assureurs ont constitué une réserve, fruit des rendements excédentaires des fonds euro : il s’agit de la Provision pour Participation aux Bénéfices (PPB). Cette réserve s’élevait en 2019 à plus de 60 milliards d’euros : une somme astronomique qui pourrait bien servir à contrebalancer les taux d’intérêt négatifs et la lente érosion du rendement des fonds euro. Aujourd’hui néanmoins, aucun assureur n’a engagé de démarches pour redistribuer leur Provision pour Participation aux Bénéfices aux assurés.

Finalement, dans ce contexte, les assureurs ont tout intérêt à développer les fonds euros « boostés » qui – s’ils garantissent toujours le capital investi –, intègrent davantage d’actifs risqués pour permettre une meilleure performance. En effet, les millions d’épargnants français qui s’orientent vers les assurances vie le font pour bénéficier d’un placement sécurisé et c’est pourquoi le fonds euro est toujours privilégié aux unités de compte.

Pour autant, les assureurs sont nombreux à orienter leurs assurés vers les unités de compte. Plusieurs contrats ont évolué dans cette direction en fin d’année 2019, et exigent désormais un placement minimum en unités de compte pour accéder au fonds euro. Si les unités de compte promettent une performance supérieure aux fonds euro, il ne faut pas oublier que leur rendement est volatil, et que le capital investi n’est pas garanti.

Les nouveautés instaurées par la loi Pacte

Le contexte réglementaire encadrant les assurances vie va également évoluer en 2020, c’est pourquoi il nous semble important de faire un bref rappel des principaux changements. Ces changements sont portés par la loi Pacte votée en mai dernier et qui entre en vigueur dès le 1er janvier. En voici les principales implications.

La plus grande des nouveautés apportées par la loi Pacte reste probablement la transférabilité des contrats. Désormais, chaque assuré peut, s’il le souhaite, demander à ce que son contrat d’assurance vie soit transformé en un autre contrat commercialisé par le même assureur. En effet, quel que soit le type de contrat que vous détenez, quelle que soit son ancienneté, quelle que soit la façon dont vous y êtes investi, vous pouvez le migrer vers un autre contrat proposé par votre assureur. L’intérêt est clair : si les frais de votre contrat sont trop élevés ou si les performances du fonds euro sont trop limitées, vous pouvez facilement le transformer en un autre contrat plus intéressant, et ceci sans en perdre l’antériorité fiscale.

L’obligation d’information de l’assureur a également été renforcée. Lors d’un investissement en unités de compte, l’assureur devra donner davantage de détails sur les frais prélevés : performance passée brute et nette de frais, ainsi que les différentes commissions qui pourront être prélevées en cours d’investissement. En ce qui concerne l’information annuelle, l’assureur devra – en plus de la performance du fonds euro sur lequel l’assuré est investi – présenter le rendement des fonds euro de tous les autres contrats qu’il commercialise.

Enfin, la nouvelle loi impose aux assureurs de proposer au moins une unité de compte « verte » à leurs assurés : il s’agit d’une unité de compte composée de titres émis par des entreprises jugées solidaires, ou d’une unité de compte labellisée par l’Etat.

Demande de renseignements sur les assurances vies :

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